Val des Vignes (16250)- Aubeville - Jurignac - Mainfonds - Péreuil


Géographie historique et communale de la Charente.... par J. Martin-Buchey,... Martin-Buchey, Jules (1850-1918).

COMMUNE DE PÉREUIL
Superficie = 1717 hect. ; Population = 587 habitants.

Cette commune, qui occupe l'angle sud-ouest du canton, en est la troisième comme superficie et la sixième comme population. C'est une commune importante, fertilisée par de nombreux cours d'eau
et dont le nord-est est occupé par un plateau peu boisé, autrefois couvert de vignes magnifiques.

Le Né limite la commune au sud et la sépare de la commune de Porcheresse ; puis, tournant brusquement au nord, il en parcourt toute la partie occidentale, reçoit l'Herse, au pied du coteau qui
porte le bourg de Péreuil et quitte la commune, après avoir encore reçu deux ruisseaux qui viennent de la commune d'Aubeville, le Ruinet et l'Ecly. Un peu plus bas, le Né se grossit du Lamaury, qui a également servi de limite à la commune de Péreuil, la séparant de celle de Saint-Bonnet.

Tous ces cours d'eau parcourent de fertiles vallées, arrosant de magnifiques prairies, dont l'ensemble couvre près du tiers de la superficie de la commune ; aussi élève-t-on, à Péreuil, de nombreux bestiaux, principalement des vaches laitières, dont le lait alimente les laiteries de MM. Biard et Massé.
Les terres sont, en général, bien cultivées ; il n'y a pas de terres en friche. Environ trente hectares ont été replantés en vignes et donnent d'excellents produits.

Une importante minoterie, appartenant à M. Corneaud, est installée au mou lin de Grollet, sur le Né.
(...)
Le petit bourg de Péreuil (34 hab.) est situé au sommet d'une colline qui domine la vallée du Né, à cinq kilomètres ouest de Blanzac et vingt-sept kilomètres d'Angoulême. Son église, bien
qu'incomplète, est extrêmement intéressante ; c'est un édifice à coupoles, du douzième siècle. Cette église devait comprendre cinq coupoles et une abside ; mais les coupoles qui touchent à la façade n'ont jamais été terminées. Les deux autres sont très remarquables et bien près d'atteindre à la perfection. On y remarque de fort belles sculptures, Les premiers registres de l'état civil remontent à 1640.

Au village de Mallatrait (25 hab.), dans le sud de la commune, se voient encore les ruines d'un ancien château féodal, ancien fief ayant appartenu aux comtes de Balatiers, qui en étaient encore possesseurs à l'époque de la Révolution.

A l'extrémité orientale de la commune se trouve le logis des Doucets, ancienne résidence de la famille de Saint-Simon. Nous n'avons pas à retracer ici l'histoire de cette puissante famille, dont le membre le plus connu est le célèbre auteur des Mémoires ; nous aurons l'occasion de la retrouver plus tard. Nous dirons seulement quelques mots du dernier représentant de cette famille, Henri-Victor de Rouvray, duc de Saint-Simon, qui naquit aux Doucets le 11 février 1782.

Engagé à dix-huit ans dans un régiment de hussards, il fit toutes les campagnes de l'Empire. Après la chute de Napoléon, il se rallia aux Bourbons, qu'il n'abandonna pas pendant les Cent jours.(...)
La commune de Péreuil contient un grand nombre de hameaux.

Nous citerons entre autres : Chez-Nauley (34 hab.); Chez-Allard (17 hab.), près de la route de Barbezieux ; Chez-Penot (16 hab.); Puymailloux (28 hab.), à la limite de la commune d'Aubeville ; Montseger (28 hab. ), dans le nord-ouest de la commune ; Les Chadennes (25 hab.), au- dessus de la route de Blanzac; les Hays (32 hab.), en face du bourg de Péreuil, sur la ri ve gauche du Né ; les Joubertries (14 hab.), dans une situation pittoresque, etc., etc.

Nous citerons en terminant le logis des Perrucauds, dans une admirable situation, au sommet d'une colline élevée, d'où les regards embrassent de tous côtés un immense horizon.(...)



COMMUNE D'AUBEVILLE
Superficie = 821 hect. ; Population = 264 habitants.

Deux vallées fertiles, parcourues par deux petits affluents du Né, l'Ecly et le Ruinet, et séparées par un plateau boisé, qui s'abaisse progressivement de l'est à l'ouest, tel est l'aspect général que pré-
sente la petite commune d'Aubeville, commune bien cultivée, où l'agriculture est prospère, où de bonnes prairies produisent d'excellents fourrages et où la reconstitution du vignoble fait des progrès sensibles.

l'Ecly, qui vient de la commune de Champagne, arrose le nord-ouest de la commune ; le Ruinet prend sa source dans l'est de la commune, qu'il parcourt entièrement de l'est à l'ouest. Ces deux petits cours d'eau rejoignent le Né, à peu de distance l'un de l'autre, dans la commune voisine de Péreuil.

La principale voie de communication est la route de Châteauneuf à Blanzac (route départementale N° 10 de Cognac à Ribérac), qui parcourt la commune du nord-ouest au sud-est. Il s'en détache, au hameau de la Courade (où se trouvent la mairie et la maison d'école), un chemin d'intérêt commun qui, d'un côté, se dirige vers le bourg de Mainfonds et qui, de l'autre côté, dessert le bourg d'Aubeville.

Le bourg d'Aubeville (31 hab.), situé à six kilomètres nord-ouest de Blanzac et vingt-six d'Angoulême, est un bourg peu intéressant, construit au-dessus de la vallée du Ruinet. Il est réuni, pour le culte, à Péreuil. Les registres de l'état civil remontent à l'année 1586.(...)
le château de la Dourville, ancien fief dépendant de la baronnie de Blanzac. Au seizième siècle, ce fief appartenait à la famille Journault, originaire de la paroisse de Saint-Genis-de-Blanzac. Lors de l'insurrection de la gabelle, le propriétaire de la Dourville, Laurent Journault, ancien maire d'Angoulême, fut chargé par les insurgés d'aller trouver le roi en Piémont, et de lui porter leurs doléances.

Pendant son absence, les révoltés se présentèrent à la Dourville et y mirent à mort un malheureux métayer, après l'avoir attaché à un arbre, A l'époque de la Révolution, le fief de la Dourville était la propriété de messire Vignaud du Dognon.

Parmi les principaux villages, nous pouvons citer : les Ouvrards (38 hab.), au sommet de la colline qui domine la vallée de l'Ecly;
Ruinet (32 hab.), à la source du ruisseau qui a pris son nom;
Pommer et (26 hab.) et Chez-Mamain (16 hab.), dans le sud de la
commune ; Puyloup (19 hab.), sur l'Ecly, à la limite de la commune
de Péreuil, etc., etc.

COMMUNE DE JURIGNAC

Superficie = 1601 hect. 41 ; Population = 650 habitants,

Avec ses seize cents hectares de superficie et sa population de six cent cinquante habitants, la commune de Jurignac est une des plus importantes du canton de Blanzac. Elle est entièrement comprise dans le plateau élevé qui sépare la vallée de la Charente de celle du Né.
Du point culminant de ce plateau, près du bourg de Jurignac, la vue est admirable, se reposant au nord sur la vallée de la Charente et sur les hauteurs de la rive droite du fleuve, et s'étendant, au nord-est, jusqu'aux remparts d'Angoulême, dont les tours et les clochers se détachent, à l'horizon, sur l'azur du ciel.
Aucun cours d'eau n'arrose la commune de Jurignac, qui possède seulement deux bonnes fontaines, l'une, au village de Chez-Bertin et l'autre, à la Marguerie. Le sol, sec et calcaire, se prête principalement à la culture des céréales et de la vigne. Aussi, la reconstitution des vignes est-elle très avancée et trouve-t-on, dans la commune, quelques beaux vignobles, au premier rang desquels nous placerons celui de M. Louette, au Landry.

De nombreuses et belles voies de communication desservent la commune de Jurignac. C'est, en premier lieu, la route nationale de Paris en Espagne, qui traverse la commune du nord-est au sud-ouest, et la route départementale de Châteauneuf à Blanzac, qui croise la route nationale à l'important village de Pétignac.(...)
Le bourg de Jurignac (115 hab.), à huit kilomètres nord-ouest de Blanzac et vingt d'Angoulême, est dans une jolie situation, au point le plus élevé de la commune. C'est un bourg bien bâti, où de bonnes foires se tiennent le 21 de chaque mois. Il possède un bureau de poste. C'était autrefois le siège d'un archiprêtré.
L'église possède une nef romane d'un grand style et fort remarquable. La porte d'entrée est au bas de la nef, dans la muraille du midi, disposition assez fréquente dans les pays montagneux, afin d'éviter les rafales désagréables du vent d'ouest. Le clocher et le sanctuaire sont de la fin du quinzième siècle.
C'est du bourg de Jurignac que partit, en 1548, le mouvement insurrectionnel de la gabelle.
A Champourry, sur la route nationale, était un ancien logis, qui, au dix-septième siècle, appartenait à la famille Lambert des Andreaux. Le 27 mai 1678, Antoine Lambert vendit à Jeanne Raudot, veuve de Louis le Musnier, le logis de Champourry, qui fut acquis, le 30 décembre 1726, par le chevalier d'Anqueville. Ce dernier laissa le domaine à ses deux frères, Claude et Cyprien Gabriel
Méhée. Champourry passa ensuite par héritage dans la famille de Terrasson.
Nous devons une mention particulière à l'important village de Pétignac (74 hab.), situé au point de croisement de la route nationale et de la route de Châteauneuf à Blanzac. C'était autrefois un
relai de poste important. On y remarque la belle propriété de M. Ch. Bouillon.

Parmi les autres villages, nous pouvons citer : Chez-Chotlard (67 hab.), au nord de la commune, sur la route de Châteauneuf ; la Margnerie (42 hab.), dans le sud de la commune ; le Plantis (19 hab.), sur la route nationale ; Chez-Normand (19 hab.) ;(...)

COMMUNE DE MAINFONDS

Superficie = 926 hect. 17; Population = 300 habitants.

L'aspect de cette commune est des plus singuliers : son sol tourmenté est couvert de hauts mamelons, souvent isolés les uns des autres, dont les sommets arrondis font songer, toutes proportions
gardées, aux ballons des Vosges. Dans les bas-fonds qui séparent ces mamelons, on voit sourdre de nombreuses fontaines, (de là vient le nom de la commune, maints fonts) ; le petit ruisseau de l'Ecly,
affluent du Né, traverse toute la commune de l'est à l'ouest.

L'agriculture est florissante ; les prairies, favorisées par l'humidité du sol, fournissent d'excellents fourrages et les coteaux donnent de très bonnes récoltes en céréales. Autrefois Mainfonds possédait de magnifiques vignobles, dont les produits étaient renommés ; la reconstitution de ce vignoble se fait très lentement et l'on ne trouve actuellement dans la commune qu'environ trente-cinq hectares de vignes.

L'industrie est absolument nulle.

La commune de Mainfonds est en dehors des grandes voies de communication ; notamment aucune ligne de chemin de fer ne la traverse. Elle est desservie par deux chemins d'intérêt commun,
dont l'un, passant au bourg de Mainfonds, se dirige vers Plassac et Mouthiers, tandis que l'autre, se détachant du précédent, se dirige vers Jurignac.
(...)
Dans le sud de la commune, près du village des Galops (50 hab.), se voit l'ancien logis des Barrières, ancienne seigneurie importante, qui dépendait de la baronnie de Blanzac. Le propriétaire actuel en
est M. Desmazeaud.

Les principaux villages de la commune sont : Chez-Verdeau (30 hab.), au-dessus du bourg ; Chez-Maillard (38 hab.), à l'extrême nord de la commune, à la limite de la commune de Claix ; Chez-De-
lhoumeau (33 hab.), près de la route de Plassac ; Chez-Moizan (21 hab.), sur la route de Champagne ; Chez-Charron (16 hab.), près de l'Ecly ; les Trois-Voûtes (12 hab.), dont une partie appartient à la
commune d'Etriac, etc., etc.

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